22/03/2015

Lady

Dans les refuges, il y a toujours des animaux qui m’émeuvent et me touchent plus que d’autres; je ne reste jamais indifférent devant tel ou tel animal mais certains ont ce petit quelque chose d’indéfinissable qui provoque une vague de profonde empathie.

 

Aujourd’hui, la rencontre de Lady m’a beaucoup touché.

 

Avant d’aller plus loin, je vous invite à visionner les photos prises le jour de son sauvetage afin de vous rendre compte de l’état dans lequel elle se trouvait au moment de sa saisie. (Cliquez ICI)

 

equi'chance,lady,maltraitance,empathie,parrainageLady est une jument de 21 ans aux origines KWPN (chevaux de sport hollandais) qui a été totalement négligée par ses propriétaires pour des motifs aussi obscurs qu’inexcusables et a heureusement pu être saisie et confiée à l’asbl Equi’chance.

 

Une des choses qui rendent Lady des plus touchantes, c’est sa propension a témoigner une affection débordante à tout être humain passant à sa portée. Avoir été autant négligée ne semble pas lui avoir fait perdre confiance en l’humain et elle semble prête à s’attacher à quiconque voudra la gratifier de quelques caresses.

 

J’ai eu envie de la mettre en valeur par quelques clichés pour lesquels elle s’est montrée particulièrement collaborante afin de la montrer sous le meilleur jour possible et lui rendre ce modeste hommage. Je serai d’ailleurs très heureux d’offrir les fichiers en haute qualité de ces images à celles et ceux qui décideront de parrainer cette sympathique jument et aider ainsi à son rétablissement.

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Les renseignements pour les parrainages sont à consulter sur le site de l’asbl Equi’chance. (cliquez ICI)

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09/11/2010

Le drame des trotteurs

Trop tard pour sauver la jument dont il était question dans l’article précédent, son destin est scellé.
A l’instant où cette note est publiée, elle est soit déjà découpée en petits morceaux ou alors,  elle chemine dans d’affreuses conditions vers les pays de l’Est où l’attend un sort peu enviable.

En apprenant cette nouvelle, j’ai décidé de rédiger une note sur le drame des trotteurs et autres chevaux de courses.

Les chevaux de courses, qu’ils soient trotteurs ou galopeurs, constituent une grande part de la filière viande chevaline ; leur triste destin n’est qu’un fruit de l’arbre du profit. Ils sont rachetés par lots entiers par les chevillards qui sont heureux de trouver des chevaux jeunes, en bonne santé et à bas prix pour fournir les abattoirs.
Contre toute logique, ces chevaux jeunes, très sains, la plupart du temps déjà montés et totalement aptes au travail sont vendus pour la boucherie à un prix qui n’atteint même pas celui de la saillie qui les a engendrés.

Dans le monde des courses hippiques, quelques secondes ou un petit défaut font la différence entre plusieurs milliers d’euros et quelques billets de cinquante euros…

L’éleveur de chevaux de courses recherche avant tout le profit ; la nuit, il rêve que ses poulinières accouchent de futurs cracs qui lui rapporteront une fortune. Pour cela, il se fait alchimiste et sélectionne consciencieusement les géniteurs de ceux qu’il espère voir devenir des champions ; il recherche les meilleures origines possibles et regrette que la gestation de ses juments dure aussi longtemps. Il attend d’elles, un poulain par an et se moque qu’elles n’aient qu’un mois de repos entre deux gestations ; il veut obtenir de chacune d'elles un « produit » par an et si possible : un champion sur lequel les turfistes miseront !

Malheureusement, la génétique ne se manipule pas aussi aisément et les résultats ne sont pas souvent à la hauteur des espérances… Mais lui, il y croit ; un peu comme si Graff et Agassi allaient automatiquement et à coup sur être les parents de champions de tennis.

Lorsque naît le poulain, il est examiné sous toutes les coutures pour vérifier qu’il ne comporte pas de défaut majeur ; si jamais c’est le cas, il aurait mieux fait de ne pas voir le jour. S’il satisfait aux normes, il vivra une première année joyeuse et insouciante.

La deuxième année coïncide souvent avec les premiers tests et entraînements ; l’avenir du yearling se joue alors et la sélection est impitoyable. Si c’est un trotteur, il doit oublier l’une de ses allures naturelles qu’est le galop et atteindre néanmoins des objectifs de plus en plus élevés. C’est un peu comme si on obligeait un athlète à battre le record du 100 mètres sans pouvoir courir…

Les premiers perdants sont déjà écartés ; inutile de continuer à nourrir ces bouches inutiles qui ne rapporteront rien. L’éleveur ne cherche même pas à les revendre comme chevaux de loisir, cela prend trop de temps et il faut alors continuer à héberger et à alimenter ce stupide canasson qui n’est pas digne de ces prestigieux ancêtres ; il doit être écarté au plus vite et ne sera plus qu’une ligne au chapitre des pertes dans la comptabilité de l’élevage.

Bugaboo trotteur réformé

Ceux qui satisfont aux critères de sélection poursuivent leur entraînement. Ils sont conditionnés longuement, pour apprendre à démarrer au son du starter ; ils reçoivent une alimentation spécifique parfois additionnée de produits destinés à améliorer leurs performances, bienvenue dans le monde du sport…
Pas de chance pour ceux qui viennent à se blesser et en gardent l’une ou l’autre séquelle ; ils seront écartés eux aussi, « réformés » pour employer le terme adéquat.
Manque de bol également pour ceux qui n’obtiennent pas de résultats, pour rapporter, un cheval doit être gagnant…

Quant aux vainqueurs, sont-ils réellement gagnants ?

Durant quelques années et tant qu’ils maintiennent leurs performances, ils auront un statut de star et seront soignés aux petits oignons. Hélas, l’âge de la retraite arrive bien vite même pour les cracs…
Pensionné des champs de courses n’est pas synonyme de retraite dorée !
S’il est hongre, le champion n’a pour ainsi dire aucun espoir ; il sera lui aussi réformé et ira vraisemblablement rejoindre la cohorte de ses prédécesseurs sur les étals des boucheries.

Si c’est une championne, elle deviendra peut-être une poulinière qui sera alors exploitée comme usine à poulains jusqu’à usure complète et réforme…
S’il est entier, il deviendra peut-être reproducteur et sera sollicité pour fournir sa semence qui se transformera pour son heureux propriétaire, en euros sonnants et trébuchants. Cela, jusqu’à ce qu’un autre crac soit jugé meilleur reproducteur que lui… Et en attendant, il mènera une vie terriblement solitaire car non, ne croyez pas qu’on le laissera s’ébattre librement avec un harem à féconder ! Que nenni, il rencontrera sa partenaire juste pour l’engrosser, sans flirt ni préliminaires amoureux ; dans un véritable viol organisé par l’éleveur.
Une fois l’heure de la réforme venue pour lui ; il y a de fortes chances pour qu’on lui ôte la virilité qui a fait son succès ; les bouchers rechignent à servir de l’étalon…Misery, pur-sang anglais

Au final, dans le meilleur des cas, l’espérance de vie moyenne d’un cheval de course n’est pas très élevée et au moins 85% d’entre eux finissent dans une assiette avant d’avoir atteint l’âge de dix ans.

Pourtant, ce sont pour la grande majorité d’excellents chevaux. Contrairement à certaines idées reçues, bon nombre d’entre eux sont d’excellent caractère ; les trotteurs peuvent rapidement réapprendre à galoper et certains d’entre eux sont très doués pour l’obstacle ; en outre, ils peuvent devenir de très bons chevaux de randonnée aux allures confortables et à la grande endurance. Les purs-sangs eux, peuvent être des chevaux extrêmement doux et attachants et peuvent devenir de merveilleux chevaux de loisir.

 

Qu’ils soient trotteurs ou galopeurs, ils peuvent tous devenirs des compagnons merveilleux ; de généreux complices qui auront vite compris que la nouvelle vie qui s’offre à eux lorsqu’ils sont sauvés du couteau des bouchers, est pleine d’avantages à savourer au quotidien.

Je n’ai pas rédigé cet article sans la moindre connaissance du sujet ; j’ai assisté au triste spectacle de voir ces chevaux rachetés sur un marché par des chevillards heureux de la bonne affaire qu’ils venaient de conclure. J’ai eu la chance de côtoyer plusieurs de ces « réformés » qui avaient échappé à leur funeste destin, les rencontrer fut toujours positif et bénéfique. Espoir trotteur réformé

J’aimerais terminer cet article en saluant particulièrement les efforts de Christelle et Fabian qui ont tenté d’arracher quatre de ces infortunés chevaux à leur triste sort. Grâce à eux et à leur association « Equi’chance », trois d’entre eux ont été sauvés ; ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau pure face à l’océan de misère généré par l’âpreté au gain de certains « humains » mais le geste et l’action sont là avec toutes ces belles valeurs que notre monde à tendance à oublier de nos jours.

Et enfin, je dirai que tous les éleveurs, naisseurs et entraîneurs ne sont pas à mettre dans le même sac ; certains d’entre eux, même s’ils sont trop rares, aiment réellement les chevaux et évitent ces pratiques immondes. Puissent-ils à l’avenir, être plus nombreux…

26/09/2010

Maltraitance

Un sujet qui semble parfois déranger… Peut-être est-ce une certaine forme de culpabilité qui génère cette gêne ; parce que trop souvent, chez nous, on a plutôt tendance à fermer les yeux ou tout du moins, à détourner le regard.

Quoi qu’il en soit, l’objectif premier de cet article n’est pas de débattre de ce manque de réaction et d’action ; c’est plus avec l’envie de voir se développer une conscientisation concernant certaines formes de maltraitance souvent ignorées mais bel et bien quotidiennes.

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15:22 Écrit par Oli dans Articles, Maltraitance | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : maltraitance, solitude |  Facebook | | |