30/01/2011

Pauvres shetlands

115.jpgAvec leur frimousse attendrissante, leur regard vif et espiègle, leurs longs crins et leurs airs de peluches vivantes; les poneys shetland font craquer bien des cœurs. La vision idyllique du gentil poney Polly ami des enfants occulte malheureusement une triste réalité.

A l'origine, ces équidés très rustiques originaires d'un groupe d'îles au nord de l'Ecosse, étaient utilisés comme animaux de travail. Etonnamment puissants malgré leur petite taille, très résistants aux rudes conditions climatiques de leur région; les shetlands furent utilisés principalement dans les mines anglaises pour tirer les wagonnets de charbon. Contrairement à d'autres races de chevaux de travail, la révolution industrielle ne mis pas en péril le succès de la race et son expansion; le shetland devenant alors poney d'initiation pour les enfants, cadeau animal à la mode, tondeuse à gazon, pauvre créature de manège forain, etc…

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Si certaines consciences se sont déjà éveillées et si certains faits ont déjà pu être pointés du doigt comme par exemple ce statut d'animal jouet offert pour satisfaire un caprice d'enfant, objet d'affection débordante durant quelques temps avant d'être négligé comme un jouet passé de mode que l'on range au fond d'une armoire; une destinée devenue très courante pour les shetlands est souvent ignorée : celle d'être devenus des animaux de boucherie.

115-4.jpgChaque semaine, des lots entiers de jeunes shetlands sont vendus aux chevillards pour une bouchée de pain. Bien qu'étant vendus et abattus en Belgique, ces poneys proviennent majoritairement des Pays-Bas où fleurissent de nombreux élevages "sauvages"; ils atterrissent en Belgique pour raisons économiques, le prix de la viande chevaline étant nettement inférieur en Hollande, ils y sont quasiment invendables.

Beaucoup de particuliers ont pris pour habitude d'héberger sur une parcelle de terrain, l'une ou l'autre jument shetland qu'ils font saillir chaque année pour obtenir un poulain qu'ils espèrent revendre à bon prix. Suivant un effet de mode, ils cherchent à obtenir des "produits" à succès aux bonnes origines et à la robe particulière. Malheureusement, les hasards de la génétique ne font pas toujours le bonheur…

115-1.jpgLa naissance est applaudie si le "produit" est une pouliche aux couleurs bien marquées.
Si le poulain naît mâle et alezan ou noir, les espoirs de bénéfices s'envolent et les naisseurs expriment souvent leur mécontentement auprès des étalonniers. Ces derniers font alors fréquemment la démarche de les débarrasser du poulain et de leur offrir une réduction sur la prochaine saillie afin de ne pas perdre leur précieuse clientèle.

Ces bébés shetland sont alors cédés à des marchands et se retrouvent sur les marchés belges où ils sont vendus aux chevillards pour une poignée d'euros. La rentabilité est nulle mais la petite vie est ôtée sans état d'âme pour quelques malheureux kilos de viande.

Quelques chanceux sont rachetés par des particuliers ou des associations qui les proposent ensuite à l'adoption.  Certains de ces poneys sont à peine sevrés lorsqu'ils échouent misérablement sur les marchés; leurs regards apeurés brisent le cœur mais hélas, tout le monde ne s'émeut pas devant ces pauvres créatures et les hippophages n'affrontent pas ces regards en achetant leur viande.

Cette semaine encore, un lot de 15 d'entre eux fut repéré chez un marchand dont 14 étaient âgés de moins d'un an...115-3.jpg

02/11/2010

Les poons

Ils font fondre les enfants qui les perçoivent souvent comme de grosses peluches vivantes qui ne demandent qu’à être câlinées. C’est hélas fréquemment la cause de leur malheur… Achetés pour satisfaire un caprice, offerts comme cadeau ; ils sont l’objet de toutes les attentions durant un moment avant d’être peu à peu oubliés, négligés. Beaucoup se retrouvent seuls shetland Amoridans une prairie minuscule, sans autre occupation que se nourrir.
Devenus gênants et considérés comme des bouches inutiles, ils sont vendus et échouent majoritairement chez des marchands qui les exhiberont bien vite aux regards des chevillards et des bouchers.

Généralement rondouillards, leurs croupes dodues attirent les couteaux des bouchers comme des aimants. Leurs anciens propriétaires ont fermé leurs yeux à leur sort, préférant les oublier et apaiser leur conscience.

On devrait apposer la photo des équidés sur les étals, en évidence devant les morceaux de leur chair pour que l’hippophage soit contraint d’affronter le regard de celui qu’il s’apprête à manger. On devrait également y apposer une mention comme : « ceci est un morceau de filet issu du poney Bibidou qui a fait le bonheur de mademoiselle Machin durant deux ans avant que celle-ci ne s’en désintéresse »

ThibaldS’ils peuvent être parfois têtus, de temps en temps malicieux et toujours gourmands ; ils sont également affectueux et généreux, ils génèrent de larges sourires, peuvent être des confidents et des amis fidèles.

Ils ne sont pas des jouets que l’on peut ranger dans un coin du grenier lorsqu’ils sont passés de mode ; pensez-y avant de satisfaire un caprice égoïste. Posséder un animal quel qu’il soit est un engagement qui doit être respecté au quotidien.

Evidemment, il est plus facile de détourner le regard, de faire semblant d’ignorer ou d’oublier la réalité ; c’est plus apaisant…

 

 

Si la prise de conscience est un premier pas, il y en a d’autres à faire… L’ « animal jouet », le caprice que l’on satisfait ne fait pas que le bonheur éphémère d’un enfant gâté ; il gonfle également le portefeuille des fournisseurs de peluches vivantes, ces éleveurs qui ne vous parlent pas de leurs poneys mais shetland Zoulouvous vantent les origines de leurs « produits ».

Contrairement à ce qu’ils tentent de faire croire, chacun de leurs animaux ne constitue qu’un bénéfice potentiel ; ils ne les aiment pas pour ce qu’ils sont, ils aiment ce qu’ils peuvent leur rapporter… Il suffit d’ailleurs de connaître le sort de leurs poulinières pour s’en convaincre.

Alors, si un jour vous voulez accueillir un poney, si vous le faites non pas pour satisfaire un caprice mais animé d’une réelle volonté de vous impliquer pour le bien-être d’un compagnon équin et si vous êtes vraiment prêt à assumer ; tournez-vous donc vers l’une ou l’autre association qui les propose à l’adoption. Vous ne ferez pas uniquement un beau geste, vous contribuerez à attaquer le problème à sa base.

 

mini-shet  Cracker Jack