10/06/2011

Pas de place à l'improvisation

On ne s'improvise pas vétérinaire…

S'il est vrai que certains soins peuvent devenir simples et coutumier comme le pansage d'une plaie sans complication ou l'administration de médicaments per  os; d'autres actes doivent impérativement être effectués par ceux qui ont les compétences nécessaires pour les réaliser.

MankalaAvoir assisté à certains de ces actes ne permet pas d'en acquérir la maîtrise et de les pratiquer soi-même sans mettre en péril l'intégrité physique de l'animal. Il vaut mieux savoir faire preuve de bons sens, reconnaître son incompétence et faire appel à un véritable spécialiste formé et expérimenté.

Parfois, de tels actes peuvent conduire à la catastrophe et l'animal risque d'en garder de terribles séquelles voire même, de mourir.

Un exemple à ce propos et concernant les équidés : l'occlusion œsophagienne.

Si dans un tel cas, des mesures de premiers soins sont à prendre; l'insertion d'une sonde gastrique ou d'un substitut de sonde par un particulier est à proscrire. Cet acte doit impérativement être effectué par un vétérinaire qui pourra le cas échéant, s'assurer de ne pas injecter par erreur, du liquide dans les poumons de l'équidé. Des cas existent où des chevaux sont décédés par étouffement, des suites d'un tel acte mal réalisé.  On peut dire dans un tel cas que le propriétaire à littéralement tué son cheval et assimiler cet acte à une maltraitance grave. Causer la mort d'un animal dans de grandes souffrances en présumant de ses compétences est impardonnable, c'est encore pire que de l'amener soi-même aux abattoirs.

MankalaMieux vaut donc solliciter l'aide d'un vétérinaire plutôt que de commettre l'irréparable et devoir vivre avec le remord.

Les images associées à cette note constituent une simple décoration et sont bien entendu, sans rapport avec le contenu de l'article.

13:48 Écrit par Oli dans Maltraitance | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |

29/05/2011

Maltraitance : quand la barbarie envahit les prairies

Après l'affaire des deux chevaux attaqués à Dinant qui a défrayé la chronique il y a peu, nous voici à nouveau confrontés à un cas de pure barbarie commis dans les environs de Lessines où une jument a été littéralement massacrée dans la nuit du 25 au 26 mai 2011.

Que ces cruautés soient purement gratuites ou qu'elles poursuivent un but vengeur, elles sont lâches et témoignent de la froideur et de la faiblesse d'esprit de leurs auteurs.  Outre les différents sentiments qui nous animent face à ces actes inqualifiables, on est en droit de s'interroger sur cette violence et ses origines.

S'agirait-il là d'un nouveau et morbide phénomène de mode ? C'est une question que l'on est en droit de se poser en voyant circuler sur Internet, des vidéos montrant des personnes commettant de tels actes sur des chiens en les jetant du toit d'un immeuble ou d'un pont.

Quoi qu'il en soit, il serait bon que la justice mette tout en œuvre pour faire aboutir les enquêtes et sanctionner sévèrement les coupables. Dans ce cadre, je pense que les autorités compétentes et le législateur devraient s'interroger sur l'éventualité de l'escalade dans les actes commis plutôt que de prendre les choses à la légère en ne considérant les victimes que comme de simples animaux et en minimisant ou en relativisant la gravité des faits.

En effet, quand les coupables, rassurés par le sentiment d'impunité induit par l'absence de poursuites ou de sanctions dissuasives, commenceront à transposer leurs actes sur des victimes humaines, il sera trop tard pour faire machine arrière.

En d'autres termes : aujourd'hui ce sont des chevaux qui sont attaqués, blessés et même battus à mort; que nous réserve demain ? Des enfants, des personnes âgées, des promeneurs isolés massacrés par plaisir cruel ?

Il serait également bon de nous interpeller sur notre devoir de citoyen et d'oser prendre la responsabilité de signaler les comportements suspects sans pour autant sombrer dans une psychose.
Par contre, il serait de bon ton de pouvoir se tempérer quelque peu dans la mise en œuvre d'actions telles que la diffusion de pétitions. A l'heure actuelle, n'importe qui peut facilement initier une pétition sur Internet et solliciter le public à la signer. Même si le but est louable, ces actions non coordonnées avec des organismes de défense animale compétents, sont inutiles et peuvent même nuire à des actions mieux organisées.

Les œuvres de défense animale devraient être les mieux placées pour intervenir et initier des actions coordonnées en définissant ensemble, les objectifs à atteindre. Pour cela, elles devraient enfin faire preuve d'un minimum de cohésion et se mobiliser ensemble pour faire pression sur les pouvoirs politiques et les inciter à légiférer en la matière. En ce faisant, elles pourraient également profiter d'une augmentation notable de leur crédibilité et récolter un soutien supplémentaire dans leurs combats quotidiens.

Il est intolérable qu'à notre époque et dans une société qui se proclame "évoluée", de tels actes puissent être commis, se répéter et finalement, après quelques temps, passer complètement inaperçu et devenir communs.
Il est temps pour tout un chacun de réagir à son niveau et de mettre un terme à cet immobilisme coupable.

04/05/2011

Appel à témoin !

Ce 2 mai 2011, deux chevaux ont été gravement mutilés à Dinant.

Tibet et Poku souffrent de blessures très graves à la tête; ils ont vraisemblablement été frappés à l'aide d'une pagaie de Kayak. Le pronostic est très réservé quant à leurs chances de survivre aux traumatismes subis.

Un appel à témoin est lancé afin de permettre de retrouver les coupables de ces actes de pure barbarie. Les soupçons se portent essentiellement vers des kayakistes qui auraient loué une embarcation afin de descendre la Lesse. Un homme blond de taille moyenne aurait été aperçu dans le champ ce lundi après-midi. L'individu portait un short et un t-shirt noir, il aurait un tatouage en forme de cercle sur le bras. Des enfants l'ont vu jeter des pierres. Un complice l'attendait en kayak sur la Lesse.

Toute personne pouvant fournir des informations est priée de contacter la police de Dinant au 082/67.68.10. et contacter la propriétaire des chevaux par mail : faber.arabians@gmail.com

ChevauxMartyrs.jpg

Plus d'infos sur le site Bel RTL Infos

Pour aider leur propriétaire à faire face aux gros frais vétérinaires engendrés par cette barbarie, un compte a été ouvert :

Le compte "Solidarité Tibet - Pokupka" - titulaire Bérengère Fayt.

IBAN : BE72 0635 1301 1716

BIC : GKCCBEBB

09/11/2010

Le drame des trotteurs

Trop tard pour sauver la jument dont il était question dans l’article précédent, son destin est scellé.
A l’instant où cette note est publiée, elle est soit déjà découpée en petits morceaux ou alors,  elle chemine dans d’affreuses conditions vers les pays de l’Est où l’attend un sort peu enviable.

En apprenant cette nouvelle, j’ai décidé de rédiger une note sur le drame des trotteurs et autres chevaux de courses.

Les chevaux de courses, qu’ils soient trotteurs ou galopeurs, constituent une grande part de la filière viande chevaline ; leur triste destin n’est qu’un fruit de l’arbre du profit. Ils sont rachetés par lots entiers par les chevillards qui sont heureux de trouver des chevaux jeunes, en bonne santé et à bas prix pour fournir les abattoirs.
Contre toute logique, ces chevaux jeunes, très sains, la plupart du temps déjà montés et totalement aptes au travail sont vendus pour la boucherie à un prix qui n’atteint même pas celui de la saillie qui les a engendrés.

Dans le monde des courses hippiques, quelques secondes ou un petit défaut font la différence entre plusieurs milliers d’euros et quelques billets de cinquante euros…

L’éleveur de chevaux de courses recherche avant tout le profit ; la nuit, il rêve que ses poulinières accouchent de futurs cracs qui lui rapporteront une fortune. Pour cela, il se fait alchimiste et sélectionne consciencieusement les géniteurs de ceux qu’il espère voir devenir des champions ; il recherche les meilleures origines possibles et regrette que la gestation de ses juments dure aussi longtemps. Il attend d’elles, un poulain par an et se moque qu’elles n’aient qu’un mois de repos entre deux gestations ; il veut obtenir de chacune d'elles un « produit » par an et si possible : un champion sur lequel les turfistes miseront !

Malheureusement, la génétique ne se manipule pas aussi aisément et les résultats ne sont pas souvent à la hauteur des espérances… Mais lui, il y croit ; un peu comme si Graff et Agassi allaient automatiquement et à coup sur être les parents de champions de tennis.

Lorsque naît le poulain, il est examiné sous toutes les coutures pour vérifier qu’il ne comporte pas de défaut majeur ; si jamais c’est le cas, il aurait mieux fait de ne pas voir le jour. S’il satisfait aux normes, il vivra une première année joyeuse et insouciante.

La deuxième année coïncide souvent avec les premiers tests et entraînements ; l’avenir du yearling se joue alors et la sélection est impitoyable. Si c’est un trotteur, il doit oublier l’une de ses allures naturelles qu’est le galop et atteindre néanmoins des objectifs de plus en plus élevés. C’est un peu comme si on obligeait un athlète à battre le record du 100 mètres sans pouvoir courir…

Les premiers perdants sont déjà écartés ; inutile de continuer à nourrir ces bouches inutiles qui ne rapporteront rien. L’éleveur ne cherche même pas à les revendre comme chevaux de loisir, cela prend trop de temps et il faut alors continuer à héberger et à alimenter ce stupide canasson qui n’est pas digne de ces prestigieux ancêtres ; il doit être écarté au plus vite et ne sera plus qu’une ligne au chapitre des pertes dans la comptabilité de l’élevage.

Bugaboo trotteur réformé

Ceux qui satisfont aux critères de sélection poursuivent leur entraînement. Ils sont conditionnés longuement, pour apprendre à démarrer au son du starter ; ils reçoivent une alimentation spécifique parfois additionnée de produits destinés à améliorer leurs performances, bienvenue dans le monde du sport…
Pas de chance pour ceux qui viennent à se blesser et en gardent l’une ou l’autre séquelle ; ils seront écartés eux aussi, « réformés » pour employer le terme adéquat.
Manque de bol également pour ceux qui n’obtiennent pas de résultats, pour rapporter, un cheval doit être gagnant…

Quant aux vainqueurs, sont-ils réellement gagnants ?

Durant quelques années et tant qu’ils maintiennent leurs performances, ils auront un statut de star et seront soignés aux petits oignons. Hélas, l’âge de la retraite arrive bien vite même pour les cracs…
Pensionné des champs de courses n’est pas synonyme de retraite dorée !
S’il est hongre, le champion n’a pour ainsi dire aucun espoir ; il sera lui aussi réformé et ira vraisemblablement rejoindre la cohorte de ses prédécesseurs sur les étals des boucheries.

Si c’est une championne, elle deviendra peut-être une poulinière qui sera alors exploitée comme usine à poulains jusqu’à usure complète et réforme…
S’il est entier, il deviendra peut-être reproducteur et sera sollicité pour fournir sa semence qui se transformera pour son heureux propriétaire, en euros sonnants et trébuchants. Cela, jusqu’à ce qu’un autre crac soit jugé meilleur reproducteur que lui… Et en attendant, il mènera une vie terriblement solitaire car non, ne croyez pas qu’on le laissera s’ébattre librement avec un harem à féconder ! Que nenni, il rencontrera sa partenaire juste pour l’engrosser, sans flirt ni préliminaires amoureux ; dans un véritable viol organisé par l’éleveur.
Une fois l’heure de la réforme venue pour lui ; il y a de fortes chances pour qu’on lui ôte la virilité qui a fait son succès ; les bouchers rechignent à servir de l’étalon…Misery, pur-sang anglais

Au final, dans le meilleur des cas, l’espérance de vie moyenne d’un cheval de course n’est pas très élevée et au moins 85% d’entre eux finissent dans une assiette avant d’avoir atteint l’âge de dix ans.

Pourtant, ce sont pour la grande majorité d’excellents chevaux. Contrairement à certaines idées reçues, bon nombre d’entre eux sont d’excellent caractère ; les trotteurs peuvent rapidement réapprendre à galoper et certains d’entre eux sont très doués pour l’obstacle ; en outre, ils peuvent devenir de très bons chevaux de randonnée aux allures confortables et à la grande endurance. Les purs-sangs eux, peuvent être des chevaux extrêmement doux et attachants et peuvent devenir de merveilleux chevaux de loisir.

 

Qu’ils soient trotteurs ou galopeurs, ils peuvent tous devenirs des compagnons merveilleux ; de généreux complices qui auront vite compris que la nouvelle vie qui s’offre à eux lorsqu’ils sont sauvés du couteau des bouchers, est pleine d’avantages à savourer au quotidien.

Je n’ai pas rédigé cet article sans la moindre connaissance du sujet ; j’ai assisté au triste spectacle de voir ces chevaux rachetés sur un marché par des chevillards heureux de la bonne affaire qu’ils venaient de conclure. J’ai eu la chance de côtoyer plusieurs de ces « réformés » qui avaient échappé à leur funeste destin, les rencontrer fut toujours positif et bénéfique. Espoir trotteur réformé

J’aimerais terminer cet article en saluant particulièrement les efforts de Christelle et Fabian qui ont tenté d’arracher quatre de ces infortunés chevaux à leur triste sort. Grâce à eux et à leur association « Equi’chance », trois d’entre eux ont été sauvés ; ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau pure face à l’océan de misère généré par l’âpreté au gain de certains « humains » mais le geste et l’action sont là avec toutes ces belles valeurs que notre monde à tendance à oublier de nos jours.

Et enfin, je dirai que tous les éleveurs, naisseurs et entraîneurs ne sont pas à mettre dans le même sac ; certains d’entre eux, même s’ils sont trop rares, aiment réellement les chevaux et évitent ces pratiques immondes. Puissent-ils à l’avenir, être plus nombreux…

07/10/2010

Caudectomie - Caudotomie

caudectomieLors du concours provincial de chevaux de traits auquel j’ai assisté, une pratique visiblement répandue m’avait choqué et je ne pouvais pas rester sans investiguer un peu sur le sujet.

Mon souci premier était de savoir si cette pratique appelée « caudectomie » ou encore « caudotomie » était autorisée ou interdite en notre pays.

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