18/06/2013

Hommage

hommageIl y a des êtres qui, même s'ils ne sont pas nos semblables, marquent nos vies d'une empreinte indélébile lorsqu'ils y entrent. En ce qui me concerne, beaucoup de chevaux font partie de ces créatures qui m'auront apporté quelque chose de particulier ancrant profondément leur souvenir en moi.

Interdit de te revoir depuis quatre ans, il ne me reste que cette page pour te rendre un hommage en images.

Combien de fois n'ai-je pas souri en te revoyant me taquiner en jouant avec le bout du manche de ma fourche tandis que j'essayais de ramasser des crottins ou en me remémorant ton explosivité lorsque tu avais le bonheur de sortir de ton boxe?

hommageTu m'auras manqué comme tant d'autres.

 Adieu mon grand copain, ne sois plus jamais séparé d'un rêve de Noël.

 

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13:19 Écrit par Oli dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : hommage |  Facebook | | |

13/06/2013

Ils étaient 7...

Aujourd'hui, c'est jeudi et c'est jour d'abattage.

Aujourd'hui c'est jeudi et les poneys qui s'offrent à vos yeux sur ces photos ont cessé de vivre.Abattoir, sauvetage, courage
Non, ce ne sont pas des photos prises au hasard et à titre d'exemple; ce sont les dernières images de vrais poneys qui ont réellement été abattus aujourd'hui.

Ils étaient à sauver mais ils n'ont pas eu de deuxième chance.

Chacun d'eux valait 7 billets de 50 euros, 7 morceaux de papier coloré dans un portefeuille. Parce que le prix de la viande équine augmente alors leur valeur "viande" augmente aussi, ça fait les affaires des professionnels de la filière; ça rend plus difficile le sauvetage.
Pour certains, ce ne sont pas des vies, ce sont des choses que l'on échange contre du papier coloré, des marchandises vivantes qui sont tombées aujourd'hui au claquement du pistolet d'abattage.

Abattoir, sauvetage, courageQu'ils soient beaux, qu'ils soient jeunes, qu'ils soient gentils et se dirigent joyeusement vers l'humain avec leurs yeux pleins de douceur n'a plus eu la moindre  importance aujourd'hui. Ils sont entrés l'un après l'autre dans le boxe d'abattage et puis, un claquement, la chute, le renversement sur le carrelage, les chaînes qui soulèvent le corps et le couteau qui tranche la gorge.

Pour beaucoup, les choses sont ainsi faites, on n'y peut rien, on n'y changera rien et autant s'éviter des peines inutiles; il leur suffit alors de se détourner, de fermer les yeux et de penser à autre chose.

D'autres rassemblent leur courage, même si les résultats obtenus peuvent sembler parfois insignifiants et même si chaque semaine tout recommence. Je pense à une  personne en particulier qui consacre chaque minute de son temps libre pour tenter de sauver ces équidés et quand, malheureusement, ils partent malgré tout vers l'abattoir, a cet immense courage d'aller leur dire adieu.

Abattoir, sauvetage, courage

Du courage pour affronter leurs regards, je vous jure qu'il en faut. Du courage pour leur faire une dernière caresse avant de les regarder partir, oui, il en faut beaucoup.

Abattoir, sauvetage, courage

Malgré tout, malgré que cela recommence chaque semaine et qu'à chaque fois, la douleur est la même et que son cœur ne s'endurci pas, ne s'y habitue pas; elle continue semaine après semaine.

J'avais envie de trouver les mots adéquats pour rendre hommage à ces poneys, pour rendre hommage à cette dame que j'admire et à qui je sais ce que je dois. J'avais envie de sensibiliser, que cela donne un coup de pouce mais les bons mots sont tellement difficiles à trouver et à aligner…

Abattoir, sauvetage, courage

Chaque semaine, au moins 200 équidés subissent le même sort en Belgique. La majorité d'entre eux n'ont pas une dernière caresse ni même un dernier regard compatissant. Qu'ils soient jeunes ou vieux, qu'ils aient gagné des prix, des courses ou des concours, qu'ils aient rapporté de l'argent ou généré d'immenses sourires sur des visages d'enfants et d'adultes; ils finissent tristement pour une poignée de billets.

Il n'existe AUCUN élevage d'équidé pour la viande. Tous les équidés qui échouent dans la filière viande s'y retrouvent pour un tas de raisons (mauvaise performance, blessure, âge, …) mais AUCUN d'entre eux n'est destiné dès le départ pour la boucherie. Nourrir un cheval coûte trop cher que pour être rentable dans l'objectif élevage viandeux.

Lorsqu'ils prennent en charge un animal, ceux qui les aiment et les respectent vraiment souscrivent un contrat tacite et ils s'engagent envers cet animal pour toute la durée de sa vie tout en étant conscients qu'il va vieillir et ne sera jamais à l'abri d'une blessure ou d'une maladie.

Merci d'être conscient, merci d'aider, merci d'agir, merci de changer.

 

21/12/2011

Alouette

hommage, AlouetteAlouette était une bien gentille jument qui coulait des jours heureux dans un bel environnement. Malheureusement, tout a une fin et elle s'en est allée discrètement en cette fin d'automne.

Pour ceux qui aiment vraiment les animaux, la mort de l'un de leurs compagnons est toujours une lourde peine qui n'est pas toujours bien comprise. Pour beaucoup d'humains, ce n'est après tout, qu'un simple animal que l'on n'est pas loin d'assimiler à un objet et son décès n'est qu'une déception passagère. En fin de compte, je plains ces personnes qui sont sans doute passées à côté de l'essentiel.

L'histoire d'Alouette me touche car c'est pour moi l'exemple type de ce que devrait être la vie d'un cheval. A l'inverse d'une majorité d'équidés, la vie d'Alouette n'a pas basculé dans le chaos lorsqu'elle a atteint l'âge où les performances ne sont plus ce qu'elles étaient; au contraire, elle s'est simplement transformée en vie de "retraitée".

En voyant sa propriétaire s'occuper d'elle, on ne pouvait pas manquer de remarquer la relation qui existait entre elle et Alouette. Cette volonté d'assumer et de prendre soin jusqu'au bout, je ne l'interprète pas simplement comme un respect élémentaire de l'animal mais plus encore, comme une forme de reconnaissance et de gratitude pour tout ce que cette jument avait pu offrir au cours de sa vie. Décrire les liens qui les unissaient ne m'appartient pas et je me contenterai donc de les remercier pour ce bel exemple.

hommage, Alouette

C'est peut-être un peu dommage de profiter de cet hommage à Alouette pour faire passer d'autres messages mais c'est d'actualité en cette période.

L'autre jour, à la radio, j'entends que Suri, la fille de T. Cruise et de K. Holmes, a demandé (entre autres) un poney comme cadeau de Noël… Et là, j'ai peur que comme tant d'autres, ce poney ne soit qu'un animal objet, un jouet qui passera de mode et finira délaissé, oublié.
Tant d'animaux peuplent les refuges ou finissent à la boucherie après avoir été de simples peluches vivantes, victimes de caprices de gosses gâtés à qui l'on n'enseigne pas les valeurs de respect de la vie animale… De grâce, évitez cela; une vie s'assume jusqu'au bout. Un chien vit en moyenne 15 ans, un équidé : 30 ans…

Quant aux "vieux chevaux", j'ai bien entendu une tendresse particulière pour eux. Bien entendu, ils ne sont sans doute plus capables de vous entraîner dans des galops à bride abattue, les cheveux au vent et il arrive souvent qu'on ne puisse même plus les monter mais cela ne les empêche pas d'avoir beaucoup à offrir. Les relations que l'on peut vivre avec eux sont différentes et enrichissantes, il suffit de vouloir en profiter et de savourer ce qu'ils ont à offrir. Notre belle dame noire en est un bel exemple : c'est une complice sensible et affectueuse mais également une vieille briscarde expérimentée à qui on ne la fait pas et qui m'en apprend tous les jours.

Bon voyage à Alouette, de l'autre côté de l'arc-en-ciel et bon courage à sa propriétaire à qui elle va terriblement manquer.

15:36 Écrit par Oli dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : hommage, alouette |  Facebook | | |

07/12/2010

Blacky

Rédiger cet hommage m'est extrêmement pénible. J'ai toujours su que ce moment serait difficile mais je n'imaginais pas qu'il me serait aussi dur de trouver les mots qui pourraient décrire cet extraordinaire cheval qu'était Blacky.

Blacky

 

Beaucoup de chevaux m'ont particulièrement marqué lorsque j'ai eu la chance de les rencontrer et de les côtoyer, Blacky en fait naturellement partie. Qui donc n'a pas été impressionné par cet imposant frison et ne s'est pas extasié sur sa beauté ?

 

Quand je regarde les photographies de Blacky, je ne peux manquer de retrouver ce regard unique, tellement apaisant. Il respirait la force tranquille, la sérénité et un tas de choses indescriptibles que l'on pourrait sans doute tenter de résumer par "charisme". Oui, je crois que c'est cela : Blacky était vraiment charismatique.

 

 

Un véritable symbole de puissance, une montagne de muscles et une élégance hors du commun; Blacky forçait le respect  et en même temps, il émanait de lui une telle douceur. Une créature foncièrement bonne que je n'ai jamais vu esquisser un mouvement d'humeur tant vis-à-vis des hommes que de ses congénères.

Blacky

Déjà âgé, il semblait pourtant à l'épreuve du temps et bâti pour battre des records de longévité mais il est hélas parti vers des pâturages que l'on ne peut atteindre.

Blacky

Quand je pense à Blacky, ce sont tous des superlatifs qui me viennent à l'esprit et pourtant, Blacky était également la simplicité même comme s'il voulait nous dire de prendre la vie comme elle vient et de nous contenter chaque jour de ce qu'elle nous offre.

BlackyBlacky faisait partie de ces chevaux qui m'auront le plus manqué depuis un peu plus d'un an, l'un de ceux qui rendait mes yeux brillants lorsque je parlais de lui ou lorsque je regardais une de ses photographies. Il était également l'un de mes modèles préférés, pas seulement parce qu'il était l'un des plus beaux chevaux qu'il m'ait été donné de voir mais plutôt pour l'expression qui se dégage de ses clichés.

Un cheval qui avait une histoire extraordinaire, une histoire aussi belle qu'émouvante. Aujourd'hui, il retrouve pour la deuxième fois sa compagne d'attelage et cette fois, plus rien ne les séparera plus. Il rejoint également d'autres chevaux d'exceptions qu'il a vu partir avant lui et dont on aurait dit qu'il rêvait parfois avec mélancolie.

Blacky

Blacky

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Adieu beau Blacky, tu resteras gravé dans bien des mémoires et certainement dans la mienne.

Blacky

00:29 Écrit par Oli dans Hommage | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : hommage, frison, blacky |  Facebook | | |

11/11/2010

11 novembre

11 novembre 2010, le temps est gris et froid, la pluie s’écrase sur les vitres.

Le temps n’était pas meilleur le 11 novembre 1918 et pourtant, beaucoup de cœurs se sont réchauffés parce que ce jour là, l’Armistice mettait enfin un terme officiel à une guerre terrible.

Plus proche de nous, Léo Ferré chantait : « avec le temps, tout s’en va …»

Et il est vrai qu’après toutes ces années, on a tendance à oublier. Les derniers soldats survivants de la Grande Guerre ont tous disparu et le devoir de mémoire n’est plus aussi suivi.

Pourtant, il serait bon de raviver le souvenir, de penser à nos aïeux qui ont souffert qu’ils fussent combattants ou civils car la première guerre mondiale, c’est avant tout 20.000.000 de morts et 21.000.000 de blessés militaires et civils.

Ne serait-il pas bienvenu de braver le froid aujourd’hui et emmener nos enfants devant le monument aux morts de notre ville ou village ? Leur expliquer ce que fut cette guerre et les souffrances qu’elle a engendrées.

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Sortir les livres de la bibliothèque et leur montrer ces images de désolation, leur parler de ces familles détruites et leur faire prendre conscience du confort de leur vie actuelle.

Mais aussi, leur montrer comment les valeurs d’entraide et d’altruisme ont permis à nos ancêtres de reconstruire leur pays en ruine et nous remémorer nous-mêmes combien ces valeurs sont importantes.

Ce blog étant consacré aux chevaux, j’ai également à cœur d’avoir une pensée particulière pour ces animaux soldats qui ont servi aux côtés des hommes, enduré les mêmes souffrances et sont tombés par centaines de milliers. A titre d’exemple, la Grande Bretagne a perdu 484.000 chevaux sur un effectif de 1.000.000. Morts de faim, de froid, d’épuisement, de maladie ou déchiquetés par la mitraille.

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14:28 Écrit par Oli dans Articles, Hommage | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : 11 novembre, armistice, 14-18, guerre |  Facebook | | |