06/12/2010

Le Noël d'Equichance

La neige et le froid n'ont pas eu leur effet décourageant; même si les routes étaient quasi impraticables, il en fallait plus pour nous dissuader d'aller rendre visite aux protégés de l'asbl Equi'chance ce dimanche 5 décembre.

Equi'chance MysticUne chose est certaine : le jeu en valait la chandelle ! Christelle, Fabian et leurs proches avaient mis tout en œuvre pour accueillir de la meilleure façon qui soit, les visiteurs qui avaient bravé le blizzard pour découvrir l'association et venir rencontrer leurs protégés.

Un sympathique petit marché de Noël permettait à tout un chacun de soutenir l'association en achetant un bijou, un objet de décoration, un mug ou un t-shirt aux couleurs de l'asbl ou encore, en offrant un chèque nourriture, parage, vermifuge,…

Equi'chance Furie

J'étais évidemment impatient d'aller à la rencontre des pensionnaires et de retrouver notamment, une sympathique jument que j'avais déjà eu la chance de croiser. Mais avant de parler d'eux, il me semble opportun de citer  en exemple les installations de Christelle et Fabian; un mot pour résumer : impeccable ! Les stalles sont spacieuses, d'une propreté irréprochable et pourvues de litières fraîches; on se rend compte immédiatement que l'entretien est quotidien et qu'un grand soin y est apporté. Les équidés sont resplendissants de santé.

Un petit coucou aux petits poneys Lucky, Robin, Bumba et Ticoeur, tous proposés à l'adoption; on ne manque pas de s'attendrir sur leurs frimousses sympathiques.
Une prise de contact avec Furie et l'adorable Futée qui m'a littéralement tapé dans l'œil par sa douceur et sa gentillesse. Ensuite, c'est le moment de saluer Mystic; une belle petite jument arabe que je connaissais déjà et de découvrir Stikko, splendide yearling New Forrest devenu très rapidement mon coup de cœur du jour.

Equi'chance FutéeUne douce odeur de cannelle invite le visiteur à franchir le seuil de la cafétéria; le vin chaud ramène vite les couleurs sur les visages fouettés par la neige. Tout est prévu pour pouvoir se restaurer et refaire le plein d'énergie. L'occasion de déguster un délicieux hot-dog végétarien, de savourer une bonne soupe à l'oignon avec ses croûtons et son fromage et de se laisser tenter par les desserts… Que choisir ? Une bonne mousse au chocolat, un tiramisu ou un morceau de bûche de Noël ?
Les plus frileux se réchaufferont le sang avec un petit pequet ou pourquoi pas, avec un café au cognac ou à l'amaretto.

 

 

 

La bonne humeur était au rendez-vous et il est certain que personne ne regrettera d'avoir bravé les éléments pour participer à la fête. C'est avec regret que nous avons pris congé et nous ne raterons certainement pas l'occasion de revenir.

Equi'chance StikkoPour toutes celles et ceux qui souhaitaient se rendre à cette fête de Noël de l'asbl Equi'chance et ont du y renoncer suite aux conditions extrêmes de ce dimanche, pourquoi ne pas soutenir l'association et récompenser tous leurs efforts en leur faisant un petit don ? Rendez-vous sur le site pour les coordonnées.

Equi'chance est une association petite par la taille mais elle est incontestablement grande par la qualité de son travail, son engagement, son sérieux, son accueil et la gentillesse de ceux qui la font tourner.

13/11/2010

Un mercredi...

J'ai choisi aujourd'hui, de partager une expérience vécue l'année passée lors du sauvetage d'équidés sur un marché aux chevaux. Les photographies qui illustrent cet article sont celles de chevaux qui ont eu la chance d'échapper aux couteaux des bouchers.

Un mercredi d'été, ensoleillé et chaud; un mercredi qui pourrait être comme les autres mais celui-ci est bien différent.

Nous embarquons dans le 4 x 4 qui tracte le van, le cœur battant et les mains un peu moites. J'ai l'estomac en capilotade, je suis plein d'espoir et en même temps, bourré d'appréhensions. J'ai peur de ce à quoi je vais être confronté, je sais que nous ne pourrons en ramener que deux si toutefois, nous pouvons en ramener. Combien seront-ils ? Combien de regards à affronter ?

Les kilomètres s'égrènent au compteur du véhicule, il fait chaud; je ne vois même pas le paysage qui défile tant les pensées se bousculent. J'en ai rêvé toute la nuit, me tournant et me retournant sans pouvoir vraiment trouver le sommeil tellement ces rêves étaient prenants. J'ai vu au moins trente scénarios différents défiler en boucle et ça ne s'arrêtera pas avant que nous soyons à destination.

Un grand parking bétonné, un bâtiment aux lourdes portes métalliques; l'endroit n'est pas accueillant. Nous sommes un peu en avance, le marché ne commencera pas tout de suite mais déjà, plusieurs camions attendent. Certains sont vides, d'autres sont pleins et avant la fin de la journée, les vides ne le seront malheureusement plus.

KWPN Jowie Firona

Nous faisons le tour du bâtiment, cherchant dans un premier temps où se situe l'accès; c'est la première fois que nous venons à Ciney. Il y a un camion dont le tape-cul est abaissé; des yeux inquiets brillent dans la pénombre, ceux de chevaux qui tendent l'encolure semblant chercher à savoir ce qui va se passer. D'autres regards sont mi-clos, ceux de grands poneys qui semblent avoir compris qu'il n'y avait plus aucun espoir… Je tourne autour du camion, je sais et cette certitude me déchire; ces poneys n'ont aucune chance. Je m'approche d'eux et tends la main par une ouverture, une simple caresse, l'envie de leur dire beaucoup de choses mais la gorge est nouée et je peux à peine leur adresser un mot : "courage"…

Je savais que ce serait difficile, le marché n'a pas encore ouvert ses portes mais, c'est déjà très difficile.

De l'autre côté, un petit attroupement autour d'un van attire notre attention. Des hommes regardent tour à tour par-dessus la porte arrière, il y a de nombreux palabres et des billets changent de main; ceux qui sont dans le van n'entreront même pas dans le bâtiment, leur sort est déjà réglé. L'un d'entre nous qui s'était approché revient, c'étaient de petits ânons qu'il s'agissait.

Nous repartons vers les premiers camions, écœurés.

Le maquignon est là, son regard est un peu suspicieux; dans ce milieu, ils se connaissent tous et nous sommes vite repérés. L'homme me dit bonjour, son accent trahi sa provenance et je lui réponds donc en flamand; cela semble l'étonner et nous engageons une conversation banale. C'est un effort à faire, même si ces gens nous dégoûtent profondément, il faut faire fi de cela et éviter toute confrontation sous peine de repartir sans avoir pu sauver un seul cheval. Faire bonne figure fait partie de ce jeu cruel.

Les portes s'ouvrent, les marchands débarquent tour à tour leurs chevaux et leurs poneys qu'ils viennent attacher en lots dans le hall .

Poneys

Le plus difficile à ce moment c'est de cacher ses sentiments et son intérêt pour l'un ou l'autre équidé; les marchands auraient tôt fait de repérer cela et ils augmenteraient leurs prix derechef. Ces gens n'ont aucun scrupule, un cheval n'est pour eux qu'un bénéfice potentiel.

Il y a des hennissements, des sabots raclent nerveusement le béton. Je ne sais plus où regarder, un immense sentiment d'impuissance m'écrase.

Tels des vautours, les chevillards virevoltent autour des lots; ils tapent dans les mains des maquignons, c'est leur code de marchandage. Ils se tapent tour à tour dans la main tandis qu'ils se chuchotent leurs prix, une tape forte et sonore conclut le marché.
En quelques instants le sort d'un lot de fjords et haflinger est réglé, celui d'un lot de chevaux de courses réformés également; c'était couru d'avance, les chevillards se sont littéralement jetés sur eux. Je regarde leurs sourires, je suis tendu comme une corde à piano; j'ai mal, j'ai honte, j'enrage…

Sylvie s'approche de moi, elle a vu avant moi quelque chose qui va m'affecter énormément : deux frisons entrent dans le hall, deux hongres magnifiques. "Tiens le coup…"
Comment puis-je tenir ? Je suis au bord de l'explosion.
Heureusement, le maquignon ne compte pas les vendre pour la boucherie, il cherche un amateur pour racheter ces deux merveilles; il n'en demande que 2.500 euros pour les deux.
J'ai l'impression d'avoir un couteau dans le cœur, je m'approche d'eux; ils sont doux et calmes comme tous ceux de leurs congénères que je connais et que j'aime tant. Leurs doux regards se posent sur moi comme des caresses, j'espère de tout cœur qu'ils trouveront de bons propriétaires puisque moi, je n'ai aucun moyen pour les acquérir.

Je l'ignore encore mais je les croiserai à nouveau quelques temps plus tard; autre endroit, autre moment, même déception.

Un grand alezan nerveux attire mon attention, il me fixe intensément et tire sur son attache comme s'il voulait venir vers moi; son regard ne me quitte pas un instant. Je passe devant lui discrètement, il se calme et colle ses naseaux contre moi, ses yeux semblent me supplier… Je file vers le patron du refuge, il me dit que le prix est trop élevé mais que peut-être, à la fin du marché, le maquignon voudra s'en débarrasser à bas prix.

Crystal

Je me calme et m'appuie nonchalamment contre une barre de stalle. Le maquignon flamand vient vers moi pour discuter le coup, il faut jouer finement… Ne montrer aucun intérêt particulier, jeter un œil blasé sur ses chevaux. Il me demande ce que je pense de l'un ou l'autre des pauvres malheureux qu'il exhibe sur son emplacement et qui n'ont pas intéressé les chevillards; je trouve tous les défauts possibles et imaginables à ces chevaux que pourtant, je serais ravi d'emmener. "Et l'alezan dont tu ne me parles pas ?" " Pas bon pour toi, il boîte". Je sais pertinemment que s'il boîte de l'antérieur droit, c'est parce que son fer est détaché et que ça lui cause une gêne mais je n'en souffle mot. "Que veux-tu en faire ?" Je réponds que j'ai juste envie d'une tondeuse bio pour un grand terrain.

J'ignore pourquoi mais le maquignon semble m'avoir à la bonne, je commence à espérer mais il y a un hic, son fils reprends le flambeau et il va refuser jusqu'au bout de descendre son prix jusqu'à la somme maximale acceptable; à 100 euros près, c'était gagné…
C'est l'été et en cette saison, les marchands augmentent leurs prix; ils ne craignent pas de repartir avec une partie de leur cargaison vivante, ils ont des prairies pour nourrir sans frais les chevaux qu'ils ramènent. L'hiver, c'est différent car le nourrissage coûte; ils sont alors plus enclins à la négociation.

Une bonne nouvelle arrive enfin, une jument pie repartira avec nous ! J'ai peine à y croire car je pensais que ses rondeurs auraient tôt fait d'attirer les chevillards; c'est vraiment inespéré.

C'est ensuite un jeune poney fraîchement castré qui est également sauvé. Il est très chaud et on me demande si je peux me charger de l'amener au van… Effectivement, il est très chaud et il est très stressé. Je pense qu'un c'est un fell plutôt qu'un shetland; il a des allures de frison miniature et je craque directement pour lui. Quelques caresses, des paroles calmes et il m'accompagne docilement jusqu'au van; je crois qu'il a compris…

C'est la fin, les chevillards embarquent leurs lots; je suis sidéré et révolté de voir au moins deux pur-sang et plusieurs trotteurs en parfait état partir pour leur dernier voyage. Ils partent vers Charleroi et seront sans doute abattus le lendemain…

Une petite fille est en larmes, elle a le cœur brisé… Elle était venue avec ses parents pour racheter un fjord ou un haflinger; elle les a caressés et ses parents ont proposé une somme supérieure à celle qu'offraient les chevillards mais le maquignon refusait de risquer de perdre ses clients assidus… Nous compatissons tous à sa douleur et tentons de la réconforter comme nous pouvons; pauvre gamine confrontée à cette réalité si cruelle et si injuste…

Fiona

Dernière blessure du jour, le grand alezan rechigne à se diriger vers le camion, il ne cesse de me fixer, se rebelle, réussit à se libérer et veut se diriger vers moi mais il est directement repris par le maquignon qui le conduit sans ménagement. Son regard me hantera durant  des jours et des nuits…
Cette fichue centaine d'euros me marquera; c'était le prix d'une vie. J'ai toujours été convaincu que quelque chose s'était passé entre ce cheval et moi et que si nous avions pu le ramener, j'aurais certainement vécu une belle amitié avec lui.

Les gens qui comme nous, aiment profondément les chevaux et les respectent, ne ressortent pas indemnes d'une telle expérience. Dans ces endroits, on croise des chevaux qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes; des poneys qui ont fait le bonheur d'enfants sur les visages desquels ils ont dessinés des sourires d'émerveillement et tous ces êtres s'en vont vers une fin terrible alors qu'ils méritaient largement autre chose. Tout cela est bien souvent ignoré des personnes qui ont savouré de merveilleux instants avec ces équidés.

Triste monde sans compassion…

Un mois plus tard, je retrouverai les deux frisons lors d'un sauvetage organisé directement chez le marchand; ils viendront à ma rencontre en prairie mais hélas, ce n'est pas eux que nous emmènerons. Je pense souvent à ces deux chevaux magnifiques, me demandant toujours ce qu'ils sont finalement devenus.

Un jour je l'espère…

09/11/2010

Le drame des trotteurs

Trop tard pour sauver la jument dont il était question dans l’article précédent, son destin est scellé.
A l’instant où cette note est publiée, elle est soit déjà découpée en petits morceaux ou alors,  elle chemine dans d’affreuses conditions vers les pays de l’Est où l’attend un sort peu enviable.

En apprenant cette nouvelle, j’ai décidé de rédiger une note sur le drame des trotteurs et autres chevaux de courses.

Les chevaux de courses, qu’ils soient trotteurs ou galopeurs, constituent une grande part de la filière viande chevaline ; leur triste destin n’est qu’un fruit de l’arbre du profit. Ils sont rachetés par lots entiers par les chevillards qui sont heureux de trouver des chevaux jeunes, en bonne santé et à bas prix pour fournir les abattoirs.
Contre toute logique, ces chevaux jeunes, très sains, la plupart du temps déjà montés et totalement aptes au travail sont vendus pour la boucherie à un prix qui n’atteint même pas celui de la saillie qui les a engendrés.

Dans le monde des courses hippiques, quelques secondes ou un petit défaut font la différence entre plusieurs milliers d’euros et quelques billets de cinquante euros…

L’éleveur de chevaux de courses recherche avant tout le profit ; la nuit, il rêve que ses poulinières accouchent de futurs cracs qui lui rapporteront une fortune. Pour cela, il se fait alchimiste et sélectionne consciencieusement les géniteurs de ceux qu’il espère voir devenir des champions ; il recherche les meilleures origines possibles et regrette que la gestation de ses juments dure aussi longtemps. Il attend d’elles, un poulain par an et se moque qu’elles n’aient qu’un mois de repos entre deux gestations ; il veut obtenir de chacune d'elles un « produit » par an et si possible : un champion sur lequel les turfistes miseront !

Malheureusement, la génétique ne se manipule pas aussi aisément et les résultats ne sont pas souvent à la hauteur des espérances… Mais lui, il y croit ; un peu comme si Graff et Agassi allaient automatiquement et à coup sur être les parents de champions de tennis.

Lorsque naît le poulain, il est examiné sous toutes les coutures pour vérifier qu’il ne comporte pas de défaut majeur ; si jamais c’est le cas, il aurait mieux fait de ne pas voir le jour. S’il satisfait aux normes, il vivra une première année joyeuse et insouciante.

La deuxième année coïncide souvent avec les premiers tests et entraînements ; l’avenir du yearling se joue alors et la sélection est impitoyable. Si c’est un trotteur, il doit oublier l’une de ses allures naturelles qu’est le galop et atteindre néanmoins des objectifs de plus en plus élevés. C’est un peu comme si on obligeait un athlète à battre le record du 100 mètres sans pouvoir courir…

Les premiers perdants sont déjà écartés ; inutile de continuer à nourrir ces bouches inutiles qui ne rapporteront rien. L’éleveur ne cherche même pas à les revendre comme chevaux de loisir, cela prend trop de temps et il faut alors continuer à héberger et à alimenter ce stupide canasson qui n’est pas digne de ces prestigieux ancêtres ; il doit être écarté au plus vite et ne sera plus qu’une ligne au chapitre des pertes dans la comptabilité de l’élevage.

Bugaboo trotteur réformé

Ceux qui satisfont aux critères de sélection poursuivent leur entraînement. Ils sont conditionnés longuement, pour apprendre à démarrer au son du starter ; ils reçoivent une alimentation spécifique parfois additionnée de produits destinés à améliorer leurs performances, bienvenue dans le monde du sport…
Pas de chance pour ceux qui viennent à se blesser et en gardent l’une ou l’autre séquelle ; ils seront écartés eux aussi, « réformés » pour employer le terme adéquat.
Manque de bol également pour ceux qui n’obtiennent pas de résultats, pour rapporter, un cheval doit être gagnant…

Quant aux vainqueurs, sont-ils réellement gagnants ?

Durant quelques années et tant qu’ils maintiennent leurs performances, ils auront un statut de star et seront soignés aux petits oignons. Hélas, l’âge de la retraite arrive bien vite même pour les cracs…
Pensionné des champs de courses n’est pas synonyme de retraite dorée !
S’il est hongre, le champion n’a pour ainsi dire aucun espoir ; il sera lui aussi réformé et ira vraisemblablement rejoindre la cohorte de ses prédécesseurs sur les étals des boucheries.

Si c’est une championne, elle deviendra peut-être une poulinière qui sera alors exploitée comme usine à poulains jusqu’à usure complète et réforme…
S’il est entier, il deviendra peut-être reproducteur et sera sollicité pour fournir sa semence qui se transformera pour son heureux propriétaire, en euros sonnants et trébuchants. Cela, jusqu’à ce qu’un autre crac soit jugé meilleur reproducteur que lui… Et en attendant, il mènera une vie terriblement solitaire car non, ne croyez pas qu’on le laissera s’ébattre librement avec un harem à féconder ! Que nenni, il rencontrera sa partenaire juste pour l’engrosser, sans flirt ni préliminaires amoureux ; dans un véritable viol organisé par l’éleveur.
Une fois l’heure de la réforme venue pour lui ; il y a de fortes chances pour qu’on lui ôte la virilité qui a fait son succès ; les bouchers rechignent à servir de l’étalon…Misery, pur-sang anglais

Au final, dans le meilleur des cas, l’espérance de vie moyenne d’un cheval de course n’est pas très élevée et au moins 85% d’entre eux finissent dans une assiette avant d’avoir atteint l’âge de dix ans.

Pourtant, ce sont pour la grande majorité d’excellents chevaux. Contrairement à certaines idées reçues, bon nombre d’entre eux sont d’excellent caractère ; les trotteurs peuvent rapidement réapprendre à galoper et certains d’entre eux sont très doués pour l’obstacle ; en outre, ils peuvent devenir de très bons chevaux de randonnée aux allures confortables et à la grande endurance. Les purs-sangs eux, peuvent être des chevaux extrêmement doux et attachants et peuvent devenir de merveilleux chevaux de loisir.

 

Qu’ils soient trotteurs ou galopeurs, ils peuvent tous devenirs des compagnons merveilleux ; de généreux complices qui auront vite compris que la nouvelle vie qui s’offre à eux lorsqu’ils sont sauvés du couteau des bouchers, est pleine d’avantages à savourer au quotidien.

Je n’ai pas rédigé cet article sans la moindre connaissance du sujet ; j’ai assisté au triste spectacle de voir ces chevaux rachetés sur un marché par des chevillards heureux de la bonne affaire qu’ils venaient de conclure. J’ai eu la chance de côtoyer plusieurs de ces « réformés » qui avaient échappé à leur funeste destin, les rencontrer fut toujours positif et bénéfique. Espoir trotteur réformé

J’aimerais terminer cet article en saluant particulièrement les efforts de Christelle et Fabian qui ont tenté d’arracher quatre de ces infortunés chevaux à leur triste sort. Grâce à eux et à leur association « Equi’chance », trois d’entre eux ont été sauvés ; ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau pure face à l’océan de misère généré par l’âpreté au gain de certains « humains » mais le geste et l’action sont là avec toutes ces belles valeurs que notre monde à tendance à oublier de nos jours.

Et enfin, je dirai que tous les éleveurs, naisseurs et entraîneurs ne sont pas à mettre dans le même sac ; certains d’entre eux, même s’ils sont trop rares, aiment réellement les chevaux et évitent ces pratiques immondes. Puissent-ils à l’avenir, être plus nombreux…

05/11/2010

URGENT : Jument à sauver

URGENT !!!

L'association Equi'chance lance un appel pour sauver une jeune jument. Il s'agit d'une trotteuse de 7 ans, de très bonne conformation.

Elle est en grand danger et risque de se retrouver dans les couloirs des abattoirs avant la fin de cette semaine.

Contactez Equi'chance concernant les conditions d'adoption.

Le prix de son sauvetage est de 450€.

Attention !!

Une autre trotteuse (de 2008)a été sauvée cette semaine; la trotteuse de 2003 est toujours en danger !!

21:50 Écrit par Oli dans Protection animale | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : equi'chance, sauvetage, urgent |  Facebook | | |

02/11/2010

Les poons

Ils font fondre les enfants qui les perçoivent souvent comme de grosses peluches vivantes qui ne demandent qu’à être câlinées. C’est hélas fréquemment la cause de leur malheur… Achetés pour satisfaire un caprice, offerts comme cadeau ; ils sont l’objet de toutes les attentions durant un moment avant d’être peu à peu oubliés, négligés. Beaucoup se retrouvent seuls shetland Amoridans une prairie minuscule, sans autre occupation que se nourrir.
Devenus gênants et considérés comme des bouches inutiles, ils sont vendus et échouent majoritairement chez des marchands qui les exhiberont bien vite aux regards des chevillards et des bouchers.

Généralement rondouillards, leurs croupes dodues attirent les couteaux des bouchers comme des aimants. Leurs anciens propriétaires ont fermé leurs yeux à leur sort, préférant les oublier et apaiser leur conscience.

On devrait apposer la photo des équidés sur les étals, en évidence devant les morceaux de leur chair pour que l’hippophage soit contraint d’affronter le regard de celui qu’il s’apprête à manger. On devrait également y apposer une mention comme : « ceci est un morceau de filet issu du poney Bibidou qui a fait le bonheur de mademoiselle Machin durant deux ans avant que celle-ci ne s’en désintéresse »

ThibaldS’ils peuvent être parfois têtus, de temps en temps malicieux et toujours gourmands ; ils sont également affectueux et généreux, ils génèrent de larges sourires, peuvent être des confidents et des amis fidèles.

Ils ne sont pas des jouets que l’on peut ranger dans un coin du grenier lorsqu’ils sont passés de mode ; pensez-y avant de satisfaire un caprice égoïste. Posséder un animal quel qu’il soit est un engagement qui doit être respecté au quotidien.

Evidemment, il est plus facile de détourner le regard, de faire semblant d’ignorer ou d’oublier la réalité ; c’est plus apaisant…

 

 

Si la prise de conscience est un premier pas, il y en a d’autres à faire… L’ « animal jouet », le caprice que l’on satisfait ne fait pas que le bonheur éphémère d’un enfant gâté ; il gonfle également le portefeuille des fournisseurs de peluches vivantes, ces éleveurs qui ne vous parlent pas de leurs poneys mais shetland Zoulouvous vantent les origines de leurs « produits ».

Contrairement à ce qu’ils tentent de faire croire, chacun de leurs animaux ne constitue qu’un bénéfice potentiel ; ils ne les aiment pas pour ce qu’ils sont, ils aiment ce qu’ils peuvent leur rapporter… Il suffit d’ailleurs de connaître le sort de leurs poulinières pour s’en convaincre.

Alors, si un jour vous voulez accueillir un poney, si vous le faites non pas pour satisfaire un caprice mais animé d’une réelle volonté de vous impliquer pour le bien-être d’un compagnon équin et si vous êtes vraiment prêt à assumer ; tournez-vous donc vers l’une ou l’autre association qui les propose à l’adoption. Vous ne ferez pas uniquement un beau geste, vous contribuerez à attaquer le problème à sa base.

 

mini-shet  Cracker Jack