25/06/2011

Regard sur la protection animale

Avant-propos :

Parfois, il m'arrive d'hésiter avant de publier un article car bien souvent, il est interprété et le message de départ est déformé. C'est encore plus le cas lorsque l'article jette un pavé dans la mare.

Faut-il dès lors se taire et ne pas tenter de délivrer son message, de faire passer l'une ou l'autre idée?
C'est une solution mais dans ce cas, autant arrêter d'écrire et me contenter de publier quelques photographies de temps à autre.
Non, ça ne me ressemble pas et de toute manière, je suis incapable de me faire taire…

S'il est tout à fait normal que cet article hérisse et dérange certains, il devrait en faire sourire d'autres mais choquer ou être agréable n'est certainement pas le but recherché. L'objectif principal, c'est d'amener une démarche de réflexion et une éventuelle prise de conscience.

Une mise en garde s'impose et j'aimerais que certains lecteurs l'assimilent correctement et la gardent à l'esprit : en rédigeant ceci, je NE généralise PAS ! Dans le même registre, mon but N'est PAS de pointer un doigt accusateur ou encore de dénigrer sans les citer certains organismes ou personnes. A chacun de tenter de faire sa petite introspection, si tant est que la volonté de le faire existe; et de se demander s'il n'y a pas quelque chose de constructif à faire plutôt que de pester et réfléchir à d'éventuelles mesures de représailles.

Cet article n'est à considérer que comme un brouillon condensé, amorce d'une note plus détaillée que j'ai en projet depuis un certain temps déjà. Je pourrais appeler cela un tir de réglage mais je n'aime pas cette notion puisqu'elle peut sous-entendre une idée d'attaque et s'écarter ainsi de l'objectif. Encore une fois, l'idée principale n'est pas de critiquer, de démonter, de porter un coup ou encore de dénoncer; non, loin de là mais pour le percevoir, il faut accepter l'idée que ce que l'on fait n'est pas toujours perçu comme on le croit.

Autre précision : c'est bien connu, je suis orienté "équidés" et a fortiori, mes avis concernent essentiellement ce segment de la cause animale. Je crois que l'ont peut néanmoins faire un certain parallèle avec d'autres segments dans les grandes lignes.

Bonne lecture à celles et ceux qui auront le courage et surtout, l'envie d'aller jusqu'au bout.

Vous avez dit protection animale ?

La cause est belle et noble; l'image du chevalier blanc défendant sans faillir ni faiblir, avec courage et abnégation, c'est bien joli et cela attire certes l'admiration. Toutefois, le preux chevalier sur son noble destrier est souvent isolé et fonce dans le mur pour revenir ensuite de son combat en traînant sa lance brisée derrière lui… Découragé, dépité, pestant et rageant de n'être pas soutenu.
C'est très imagé bien entendu mais en fin de compte, sommes-nous loin de la vérité ?

On entend souvent les grands acteurs de la protection animale se plaindre d'un manque de soutien de la part du public. Malgré tous leurs efforts et toutes leurs excellentes idées, le public n'adhère pas suffisamment  et ne les soutien pas comme ils l'entendent. Et forcément, c'est la faute du public qui ne comprends pas ou n'a pas la fibre ou la mentalité orientée vers la protection animale…

Bizarrement, l'absence de remise en question est à déplorer. L'absence de questionnement également.

Si certains semblent prendre ça comme une fatalité et se découragent face à elle, choisissant alors et c'est malgré tout fort honorable, d'œuvrer tranquillement et sans heurts; d'autres réparent inlassablement leur lance pour repartir foncer dans un autre mur sans jamais changer de tactique.

En fait, le constat est simple : la protection animale en Belgique souffre d'un grand manque d'efficacité et semble n'avoir aucune conscience de son potentiel tant les obstacles à son développement semblent nombreux et infranchissables. En observant la situation avec un peu de recul, le public peut s'étonner de constater que certains de ces obstacles sont dressés par les défenseurs de la cause animale eux-mêmes. C'est peut-être difficile à admettre mais c'est pourtant vrai.

Il est évident que voir la vérité en face et surtout, l'accepter, est extrêmement difficile; c'est une pilule pénible à avaler qui oblige à se remettre en cause. Et pourtant, concernant certains aspects, la vérité est là, le constat est navrant et il n'échappe pas au public.

Ensemble !

Ce qui frappe avant tout dans le paysage de la protection animale, c'est le manque de cohérence et de cohésion entre les différentes associations.
Le manque de cohérence peut s'expliquer assez facilement par la diversité des associations et des missions qu'elles se sont choisies. Dans certains cas, c'est une orientation différente et la défense de valeurs différentes qui peuvent être sources de divergences conséquentes. L'exemple type se retrouve dans la défense des équidés : des associations choisissent par exemple de sauver des équidés de la boucherie en les rachetant pour les soustraire à l'abattage et d'autres optent plutôt pour le sauvetage d'animaux maltraités. (Certaines associations choisissent les deux orientations)
Que chacun assume ses choix et les défende est une chose mais que cela donne lieu à des conflits ouverts entre associations (ou dirigeants d'associations) est une ineptie qui ne passe malheureusement pas inaperçue.  Voir deux ou plusieurs organismes (ou représentants de ces organismes) se critiquer mutuellement, se tirer dans les pattes voire se lyncher par le biais de publications incendiaires est un triste spectacle qui n'a que des conséquences néfastes dont une n'est certes pas la moindre : la perte de crédibilité.

Si le manque de cohérence peut être pointé du doigt comme facteur à la quasi-totale absence de cohésion entre les différents acteurs de la protection animale; d'autres éléments renforcent malheureusement cette faiblesse.

Certains comportements peuvent sembler aberrants aux yeux du public et pourtant, ils existent bel et bien. Inutile de se voiler la face et s'il est vrai qu'il serait inconvenant de généraliser, on ne peut néanmoins que ce rendre à l'évidence : des rivalités existent entre différentes associations.
Dans certains cas et malgré les efforts des protagonistes pour camoufler ces petites guerres, le public ne s'y trompe pas et les conflits font tache. Malheureusement, les associations impliquées n'ont pas conscience qu'en se portant préjudice mutuellement, elles se nuisent à elles-mêmes et plus encore, à la protection animale en général.

Etrangement, certains acteurs de la protection animale semblent totalement ignorer l'ineptie des rivalités entre association. Dans les grandes lignes, leur objectif principal est pourtant le même : protéger des animaux et se battre pour la défense de leur bien-être. Pourquoi ces associations sont-elles en compétition ? Feraient-elles un parallèle avec un système économique et se verraient-elles dès lors contraintes à obtenir un maximum de parts de marché ?
Hypothèse : admettons que cette idée soit la bonne et transposons. Les parts du marché, c'est le public et son soutien; en d'autres termes et c'est le cas pour beaucoup : l'argent que le public va octroyer à la protection animale. Pour certains, le problème est simple : je veux qu'un maximum de public adhère à mon association et la soutienne à l'exclusion de tout autre. Pour certains donc, il est inconcevable que le public puisse soutenir plusieurs associations, en résumé : ils veulent le monopole.
Si cela peut-être tout à fait compréhensible dans la mesure ou l'existence et le fonctionnement de bon nombre d'associations résident principalement dans les fonds récoltés, c'est néanmoins une grossière erreur de penser de la sorte.
En effet, si le public peut concevoir et même se réjouir de voir entrer en compétition les entreprises qui lui proposent les produits de consommation dont il a besoin, il n'en va pas de même en ce qui concerne la défense d'une cause qui lui tient à cœur. Encore une fois, ces rivalités ne peuvent que discréditer les associations aux yeux du public qui risque plus de s'interroger sur le bien fondé de ces rivalités plutôt que de choisir d'apporter son soutien à une association et pas à d'autres.

Pour illustrer un peu mieux cette ineptie, faisons donc un autre parallèle avec des entreprises qui produisent et cherchent à obtenir un maximum de part de marché. Prenons justement la filière viande qui est l'un des "ennemis" de la protection animale. Tout le monde devrait être d'accord pour dire que cette filière est constituée d'une multitude d'éléments, à différents niveaux et qui sont tous en compétition pour vendre leurs produits. Les éleveurs sont en compétition entre eux tout comme les bouchers ou autres distributeurs; chacun doit faire son bénéfice. Or, lorsqu'il s'agit de promouvoir l'ensemble de la filière, les rivalités sont mises de côté et c'est toute la chaîne qui est concernée. Pensez aux labels bien connus qui vantent la qualité des produits viandeux : la publicité ne cible pas le produit d'une entreprise en particulier mais toute une filière pourtant constituée d'éléments en compétition.

N'y allons pas par quatre chemins, trop souvent les rivalités ne sont qu'un problème d'ego et le manque de cohésion nuit indubitablement à l'efficacité et au développement de la protection animale. En d'autres termes, si toutes les associations pouvaient travailler ensemble et de manière cohérente; elles seraient non seulement plus efficaces mais rencontreraient également plus de soutien. Evidemment, un gros effort est à faire et certainement au niveau de la remise en question de soi en tant que gestionnaire et/ou dirigeant d'association. Or, le constat est là : beaucoup veulent rester absolument indépendant et ne peuvent accepter l'idée que leur méthode de travail puisse être remise en question. En d'autres termes : ils estiment n'avoir rien à apprendre, ils savent…
Et pourtant, la grande majorité d'entre eux n'a aucune formation (efficace et actualisée) en gestion, en management, en leadership, en communication, teambuilding, etc…
Ils ne se basent sur aucun audit et n'ont aucun baromètre à observer; ils savent et n'ont rien à apprendre car leur expérience est grande et ils ne peuvent pas un instant concevoir que leurs idées ne sont pas forcément les meilleures. Pire que cela, certains semblent craindre que se remettre un tantinet en question risquerait de leur faire perdre leur place…

Et pourtant, il y a tant à faire, tant à apprendre…

Pas convaincu ? D'accord mais j'invite les réfractaires purs et durs qui ont toutes les bonnes excuses ou peuvent critiquer cette cohésion en invoquant des arguments imparables à tester malgré tout. Dans le pire des cas, rien ne changera et tout le monde pourra continuer comme il le faisait jusqu'à présent en se réjouissant de pouvoir déclarer : "tu vois, t'es con, ça ne marche pas"…

Fâché ? Egratigné ? Une solution : relire calmement et ne surtout pas négliger l'avant-propos.

A méditer en attendant la suite.

12:44 Écrit par Oli dans Protection animale | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | | |

Commentaires

Bonsoir Oli

Fichtre quand tu donnes de l’article tu donnes dans l’article ! ;o))))))
J’ai pu relire trois fois avant de comprendre… enfin je crois ! ;o))))
D’après ce que j’ai pu comprendre…

Les assos ne sont pas en corrélation ensemble ?
Chacune prêche pour leur paroisse, c’est bien cela ?
Et je pense que c’est un mal général géopolitique et social en Belgique non ?

Au travers de cela, je dirais que ce phénomène s’est généralisé sur tous les fronts des assos…

Nationaliser l’aide ?
Histoire d’avoir une base de données efficace.

Une formation et un permis « d’exploiter » ?
Pour que tout, ne soit pas fait n’importe comment.
Ça part d’un bon sentiment, mais c’est toute une organisation et beaucoup d’énergie de porter aide !

Je pense Oli
Heu… du moins d’après ce que j’ai pu comprendre…. ;o)))

En parler, c’est déjà un grand pas.

Mais agir serait encore une autre…

Je ne peux t’aider mais te donner ce qui pourrait me sembler un piste ?

Je pense que tu devrais structurer point par point ou faire une synthèse
Mettre un dossier sur pied et l’envoyer au ministère la région Wallone qui je pense doit être comptant en ce domaine. Enfin j’imagine ?

Convaincre un jeune élu sous le bras n’est pas mal aussi…
Car quand il passe dans la cour des grands il se fait clouer le bec
En politique il faut être tout petit ou très grand !

J’ai tenté d’est constructif
J’espère que par ce message j’ai pu te donner des éléments qui vont t’aider ?

De fait, je te souhaite une excellente soirée ;o)

Écrit par : David | 25/06/2011

Merci David pour ce commentaire

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Merci David ;-)

Oui, oui, les idées sont bonnes encore que... Une chose tout d'abord : je ne suis pas un de ces acteurs de poids au niveau de la protection animale et sans les assos derrière, c'est comme pisser dans un violoncelle.

La région wallonne ? Et bien en fait, je crois pouvoir affirmer qu'elle n'en a strictement rien à secouer et à dire vrai : je vais même jusqu'à penser que la protection animale les dérange. Pas de vague, c'est plus tranquille et plus facile ;-)

Un élu sous le bras... Oui, et l'un d'entre eux s'est démarqué récemment pour cela mais... certaines assos l'ont déjà pris sous le bras et malheureusement, sans émettre de critique, il n'a qu'une vue tronquée des choses.

La reconnaissance officielle des assos ? C'est un point que j'évoquerai et nous verrons qu'il y a asso et asso...

Permis d'exploiter, etc,... ? C'est déjà le cas comme pour toute exploitation agricole.

Et pour revenir sur le premier point (sur moi quoi ;-) ) : beaucoup d'asso ont déjà difficile de s'écouter les unes et les autres alors tu penses... un simple quidam... lol

Ceci dit, ce qu'il faut surtout comprendre, c'est que je donne un simple avis de simple observateur... Il serait malvenu de croire que je tente de m'ériger en spécialiste ou en messie qui détient les clés de la réussite; c'est totalement faux même s'il faut s'attendre à ce que ce soit l'un des arguments des détracteurs de la démarche ;-)

A bientôt l'ami :-)

Écrit par : Oli | 27/06/2011

L'extérieur du cheval a une influence bénéfique sur l'intérieur de l'homme (W. Churchill)

Bonjour Oli,

Tu dis que tu te poses en simple observateur...mais quand on a une telle clairvoyance sur ce qui se passe, que l'on est aussi motivé...et bien laisses de côté ta modestie et utilises les outils qui te sont donnés.
Un simple quidam..et alors? Les révolutions ont souvent commencé par des originaux, des "hors-normes", bref des gens qui ont osé s'élever contre les bien-pensants et leurs adeptes.
Comme le dit David, l'action est encore mieux....oser, se lancer...c'est tout! :-)))

Quand aux détracteurs...ben tu sais ce qu'il doit en être....Tu as subi des attaques, mais faut vraiment s'en moquer et ne garder à l'esprit uniquement le but que l'on s'est fixé.
Quand aux assocs...ben elles sont menées par des humains....et tu sais ce que je pense des humains...

Écrit par : patouland | 30/06/2011

Merci patouland pour ce commentaire

Hello Caro ;-)

Oui, j'insiste sur "observateur" car je crois qu'il est nécessaire de prendre du recul pour rendre de tels avis; "de l'intérieur", la vision peut-être déformée.
Il faut savoir rester à sa place, je n'ai pas la carrure ni les moyens pour être un de ces acteurs; à chacun son rôle.

Attention à ne pas généraliser en parlant des assos, j'insiste ;-)

Écrit par : Oli | 01/07/2011

L'extérieur du cheval a une influence bénéfique sur l'intérieur de l'homme (W. Churchill)

Bonsoir Oli,
Je lis et relis ton article qui me paraît bien intéressant sous beaucoup de point de vue. Rien qu'à savoir ce qui c'est passé pour les chevaux d'Ogy...c'est à ne plus rien comprendre en ce qui concerne les associations de défense des animaux...et des politiques qui n'ont pas hésité de remettre le dossier à l'afsca !! Cela dépasse mon entendement, j'avoue. Et le puçage des chevaux, alors....une vaste arnaque pour les pauvres contribualbles (Ils étudient suite à cela, si les remunérations déclarées suffisent à entretenir un cheval !!)
Mais que faire...c'est là la question que tu soulèves. Je vais encore y réfléchir, car je n'en ai pas la moindre idée.
Je te souhaite une belle soirée.
Bisous bien amicaux
Fanchon

Écrit par : Françoise | 27/06/2011

Merci Françoise pour ce commentaire

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Hello Françoise,

C'est tout à fait logique et l'affaire des chevaux d'Ogy illustre magistralement le problème; cela devrait constituer un formidable déclic pour améliorer les procédures ;-)

Bisous :-)

Écrit par : Oli | 01/07/2011

L'extérieur du cheval a une influence bénéfique sur l'intérieur de l'homme (W. Churchill)

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